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La 1ère partie de cet article se trouve ici

 

Le cercle et la croix.

 

Lorsque qu'on observe les Bergers d'Arcadie, on remarque que le groupe de personnages s'inscrit dans un cercle parfait. La courbure du dos de la bergère détermine l'arc. A l'opposé, le berger aux pieds nus est son contraire et son complémentaire.  Nicolas Poussin s'est vraisemblablement servi d'un compas pour construire sa composition car le centre exact de ce cercle est  le point que montre le jeune berger que nous avons identifié avec le Bouvier de la constellation du même nom. Ce point se trouve à l'intersection d'une droite verticale qui coupe un joint de maçonnerie horizontal. C'est le centre d'une croix.

Les Bergers d'Arcadie - détail   Les Bergers d'Arcadie - détail
   
Les Bergers d'Arcadie - le cercle et la croix

La ligne verticale est à peine suggérée  Poussin tenait à la représenter mais discrètement. Le tombeau se compose de trois parties distinctes : le socle, la cuve, et le couvercle. Un éclat de pierre s'est détaché juste au dessus du socle. C'est là que la ligne prend son départ. Elle monte le long de la cuve jusqu'à la base du couvercle où, de nouveau, la pierre a éclatée. Le jeune homme a le regard tourné vers la bergère. Il semble lui dire : « Regarde la croix ». La bergère pose sa main droite sur l'épaule du jeune berger en signe d'acquiescement. On ressent de la tendresse dans ce geste. Une grande bonté émane de cette Dame à l'allure hiératique.


La croix dans le cercle, c'est la croix celtique de l'abbé Boudet. On la trouve dans l'église Sainte-Marie-Madeleine de Rennes-le-Château au sommet du bénitier monumental. Elle se fait plus discrète dans la basilique Notre-Dame de Marceille à Limoux mais elle y est bien présente. Nous avons déjà étudié les anomalies et singularités de la première station du chemin de croix. Remarquez la coiffe étrange du soldat qui tient le Christ par le col. Elle est formée d'une sorte de couronne qui lui ceint la tête - un cercle -  et d'une croix !

  Eglise de Rennes-le-Château Croix celtique du bénitier 
Eglise de Rennes-le-Château
 

  Notre-Dame de Marceille 1ère station du chemin de croix (détail)
Eglise Notre-dame de Marceille
 
     

Héraldique audoise


Blason de Rennes-le-Château

Absent de l'armorial général du Languedoc dressé par d'Hozier, il serait intéressant de faire une recherche dans l'histoire locale (si ce n'est déjà fait) pour voir si le blason de Rennes-le-Château a évolué au cours du temps. C'est le cas pour la plupart des communes de France. Aujourd'hui il se lit « d'azur à la bordure d'or ».

 Blason de Rennes-le-Château

Gérard de Sède, dans  son premier ouvrage sur l'affaire de Rennes-le-Château, le décrit ainsi : « d'azur à l'orle d'or » et dans une lettre de lui-même datée du 7 juin 1975,  « de gueules à l'anneau d'or » (Source : L'ABC de RLC, p.582). L'azur (bleu) est devenu  gueules (rouge).

Faux blason de Rennes-le-Château L'orle, contrairement à la bordure, est un filet qui suit les bords de l'écu sans le toucher. Il existe des orles ronds qu'on appelle parfois anneaux. Gérard de Sède n'a pas tout-à-fait tort lorsqu'il passe de l'orle à l'anneau pour une seconde raison : les écus sont parfois de forme ovale et dans ce cas l'orle et la bordure sont également ovales.

Faux blason de Rennes-le-Château

Mais nous ne sommes pas dupes, G. de Sède est un aristocrate très au courant de la science héraldique et s'il fait deux erreurs sur le même blason c'est qu'elles sont volontaires. Pour comprendre il faut observer les armes de Rennes-les-bains, voisine géographique de Rennes-le-Château. Elles sont d'un champ de gueules et portent comme meuble une croix allésée d'or. Les deux blasons sont donc complémentaires et si on les fond en un seul, nous obtenons une croix dans un cercle.

Blason de Rennes-les-Bains Blason de Rennes-les-Bains

Orle 

 

Orle rond  

 

Blason imaginaire
suggéré par G. de Sède


Le cercle et la croix dans la Vraie Langue Celtique

 Pages 245-246,  Boudet nous explique le sens religieux des cercles de pierres appelés "cromleck".

 « Les cercles tracés par les pierres levées, avaient pour les Celtes un sens profondément religieux. Les Druides, de même que les anciens philosophes, regardaient la figure circulaire comme la plus parfaite : elle leur représentait la perfection Divine, immense, infinie, n'ayant ni commencement, ni fin. Zénon enseignait que Dieu était sphérique, c'est-à-dire parfait, et la sentence si recommandée d'Empédocles, disant que Dieu est une sphère intellectuelle et incompréhensible dont le centre est partout et la circonférence nulle part, ne signifie pas autre chose que l'excellence et la perfection infinies de Dieu. Le roi David s'écrie dans le même sens : « Le Seigneur est grand et au-dessus de toute louange : il n'y a point de fin à sa grandeur. » »

 Page 304, le titre du sous-chapitre est particulièrement évocateur : « Les romains et la source thermale de la Reine. LA CROIX DANS LE CROMLECK DES REDONES. » Autrement dit "la croix dans le cercle". 


Arsène Lupin chez les Celtes

 L'île aux trente cercueils est sans doute le plus sombre des romans de Maurice Leblanc mais il est également l'un des plus riches en références  à l'affaire de Rennes-le-Château et  à  la Vraie Langue Celtique  (avec La Demeure Mystérieuse et La Barre-Y-Va). Nous aurons l'occasion d'y revenir dans un autre article. Arsène Lupin prend dans cette aventure macabre le pseudonyme de Don Luis et joue aussi le rôle d'un vieux druide - un archi-druide -. L'action se situe dans l'île bretonne de Sarek où dolmens, menhirs, pierres de foudre et chênes séculaires sont les principaux éléments du décor. Don Luis  résout l'énigme, sauve la belle Véronique et arrête Vorski, monstre de cruauté et infâme bandit assoiffé de pouvoir.

Dans la deuxième partie du livre, aux chapitres 5 et 6, Lupin va expliquer toute l'histoire telle qu'il l'a comprise et même, du moins au début, en la romançant, ajoutant des détails que personne ne peut historiquement connaître. Notre héros aime le paraître et  manie aisément le verbe. Alors il brode pour capter l'attention de son auditoire et le tenir en haleine. Son discourt commence ainsi :

  « - Mesdames, Messieurs,

Le vingt-cinq juillet sept cent trente deux avant Jésus-Christ... »

Fin du chapitre 5. La suite se trouve au chapitre suivant :

 « - Je vous avouerai dès l'abord, mesdames et messieurs, que si j'ai mis tant de précision dans mes dates, c'est un peu pour vous épater. Au fond, à quelques siècles près, je ne saurais dire la date exacte à laquelle se passe la scène que je vais avoir l'honneur de vous narrer. »

Maurice Leblanc par la voix d'Arsène Lupin nous fait comprendre que cette date est purement symbolique. Et, effectivement, l'année 732 avant Jésus-Christ, « à quelques siècles près » peut très bien être 732 de notre ère, donc après Jésus-Christ. Nous connaissons tous ce millésime pour l'avoir appris par cœur sur les bancs de l'école communale : « en 732 Charles Martel battit les Arabes à Poitiers ». Mais que vient faire Charles Martel dans cette histoire, me direz-vous. Lui, rien. C'est la bataille de Poitiers qui est importante ici car c'est le titre d'un tableau  qui comporte une particularité pour le moins intéressante. Réalisée en 1837 par Charles Steuben, l'œuvre se trouve dans la galerie des Batailles du musée national du château de Versailles. Elle met en scène la célèbre bataille et ses principaux acteurs. Mais curieusement, sur la gauche, surgit de la masse sombre des combattants entremêlés, une magnifique croix celtique éclatante de blancheur. Pourquoi une croix celtique ? On ne sait pas. Elle est là, simplement.

 


La bataille de Poitiers

La bataille de Poitiers, Charles Steuben (1837)



Par Catherine Pierdat - Publié dans : La Vraie Langue Celtique décodée - Communauté : Rennes-le-Château
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